jeudi 9 juillet 2009

Premiers jours de vacances






Bordeaux, le 26 juin 2009
Vendredi 18h, le boulot terminé, plus d’une soixantaine de jours de vacances s’offrent à nous, mi congé parental, mi congé classique. Nous accueillons nos (sous) locataires, un couple de jeunes québécois (Claudia et Jean-Philippe) venu travailler pour la mairie de Bordeaux, dans le cadre d’échanges Bordeaux-Québec. 2 autres jeunes québécois les rejoindront dans quelques jours. Nous devons être concentrés pour comprendre leur français teinté d’un fort accent. Claudia se demande comment les gens font pour être tous en culotte longue par cette chaleur (25°). Ils nous paraissent fort sympathique et nous leur donnons les clés avec confiance.



Bordeaux - Saint Louis, le 27 juin 2009
Samedi 04h45. Réveil très matinal pour aller prendre le train à 5h50. Amielle paraît étonnée, Titouane sait que nous partons en vacances. Départ du TGV, en 1ère! Tout le monde dort ou somnole après le petit déjeuner. Avec le train on voyage, on égrène les gares, on sent le foyer s’éloigner, les paysages changer. L’avion, c’est la rupture violente avec son quotidien. La matinée est vite passée, nous changeons de train à Lyon, malheureusement la correspondance n’est pas sur le même quai donc nous montons la carriole en version poussette, chargeons les sacoches sur le dos et attendons dans l’agitation de la Part-Dieu notre n° de quai.
Notre train corail Lyon - Mulhouse, bien que nous voyageons encore en 1ère est bien moins agréable. Le ménage n’y a pas été fait, les toilettes n’ont pas d’eau. Nous occupons un compartiment de 2nde , 8 places vides, à défaut de nos fauteuils en 1ère, ce qui permet aux filles de dormir un peu. Mulhouse, dernier changement de train; un TER Mulhouse Saint Louis très bien équipé: notre carriole rentre sans la démonter. Et c’est déjà l’arrivée à Saint Louis. Nous demandons aux contrôleurs sur les quais s’il existe une rampe ou un ascenseur pour sortir de la gare. Négatif, mais Régis est là pour nous prêter main forte.
Presque deux années ont passées depuis notre halte à Saint Louis chez nos amis Stéphanie, Régis et leurs filles Kenza et Mély. A l’été 2007, il s’agissait de notre premier tronçon de l’Eurovéloroute n°6, nous étions partis de Châlons-sur-Saône pour terminer au lac de Constance, Titouane avait 10 mois. Toute la famille est en forme, les filles ont bien grandies et l’accueil est toujours aussi chaleureux.
Le soir même, c’est l’anniversaire de Jérôme, un de leurs amis, avec sa femme Christine, ils ont préparé une « kébab party » avec du matériel de location. Ça se passe sur la terrasse, il y a une vingtaine de personnes (beaucoup d’employés de Novartis dont le siège est à Bâle, tout proche), on y parle français, allemand, anglais et italien, c’est très sympa, et même si nous sommes fatigués par notre journée de transport, nous tenons bien jusqu’à 2h30 du matin (avec en plus d’excellents gâteaux!). Un convive italien, employé d’une boutique Davidoff à Bâle, distribue d’énormes cigares et donne des explications sur la façon de l’allumer, de le fumer…



Saint Louis - Bâle - Radolfzell - Engen, le 28 juin 2009
C’est Dimanche et nous commençons à nous sentir en vacances : Régis, Mély, Céline et Titouane vont acheter le pain à la boulangerie, à midi ce sera barbecue (saucisse aveyronnaise, Stéphanie est originaire de Rodez). Les filles jouent dans le hamac, nous mangeons à l’ombre, dans le jardin. Mais il faut tenir notre objectif, rejoindre notre point de départ et pédaler un peu en fin d’après-midi. Nous chargeons la carriole, les vélos et roulons facilement jusqu’à Bâle, en franchissant le Rhin par la passerelle des 3 pays (Allemagne, Suisse et France). Dans la gare de la rive droite, une jeune femme nous aide à acheter nos billets comprenant les vélos. Le train est bien rempli, notamment d’un groupe de vététistes. Céline fait la connaissance d’une maman originaire du Congo avec son fils de 4 mois. Le train longe le Rhin, une partie que nous avions parcourue à bicyclette… et nous y voilà, Radolfzell, la ville où bifurque l’Eurovéloroute en direction du Danube, c’est là que nous avions l’avions quitté. Le seul problème pour ce soir et pour la partie allemande, c’est que nous n’avons ni carte, ni topo, donc nous suivons des pistes cyclables, nous nous renseignons auprès de cyclistes, mais personne ne nous donne de direction fiable à 100%.
Nous savons qu’il faut grimper et nous abordons quelques kilomètre de montée. Arrivés vers 20h dans une petite ville, Engen, en achetant quelques bricoles dans une station, Céline apprend qu’un camping vient d’ouvrir à 2 km, quel aubaine! Encore une petite côte et nous voici dans un camping tout neuf, avec un petit restaurant qui fait tous les dimanches, soirée cuisine thaï! Les plats sont copieux, Titouane mange de mes nouilles et du riz blanc de Céline tandis qu’Amielle dort dans la carriole. Titouane décide seule de rejoindre Amielle et s’endort en quelques secondes. Nous terminons nos pintes et nos plats dans la douceur de l’été.



Engen - Hausen, le 29 juin 2009
Lundi, nous avons donc une vingtaine de km de retard sur notre programme, bientôt cela ne nous importera plus, mais du retard dès le 1er jour, nous imaginons déjà des scenarii pour le rattraper! Toutefois, la montée promise n’a été qu’avaler en partie la veille, et ce sont bien 10 km de côte que nous enchaînons avec une grosse averse en chemin. Les filles restent impassibles dans la carriole, vive le matériel de bonne qualité, nous sommes trempés, elles sont au sec, fascinées par la pluie. En haut de la côte, il est 14h, tous les magasins sont fermés jusqu’à 15h, nous pique-niquons à l’abri de la devanture d’un supermarché. La chance d’hier a tourné pensons-nous, même si le parcours, traversant la forêt noire puis dominant la vallée du Danube, était agréable. Mais le soleil revient et ce sont 10 km de descente jusqu’aux rives du Danube, nous ne le quitterons plus jusqu’à la fin des vacances. Pour l’instant il ne s’agit que d’un torrent traversant Tuttlingen. Nous retrouvons le balisage de l’Eurovéloroute et commençons la « descente », c’est-à-dire une succession de grandes bosses qui finissent de nous couper les pattes! 20 km dans ces conditions depuis Tuttlingen jusqu’à Beuron où nous avions l’adresse d’un camping. Nous y arrivons ravis, mais, pas de camping à Beuron, le camping est à Hausen, à 7 km, c’est sur le même découpage administratif (même commune?) d’où la confusion… Un bibi pour Amielle, des jeux pour Titouane et nous repartons pour les derniers km qui font de plus en plus mal aux gambettes. Nous sommes récompenser en arrivant dans un petit camping familial, au bord du Danube (où nous trempons les pieds dans une eau encore très fraîche). Nous occupons un vaste espace tondu dans la journée, à côté de la balançoire; des taupes sont nos voisines, nous voyons des petits tas de terre bougés.



Hausen - Sigmaringen, le 30 juin 2009
Une courte étape (environ 24 km) que nous avalons facilement en fin de matinée, installation au camping et direction le complexe nautique de Sigmaringen: plusieurs piscines dont une pour les petits avec un toboggan en forme d’éléphant rose qui fait la joie de Titouane. C’est une bonne relaxation après les efforts de la veille. Par contre nous avons une étape de retard, toutefois les pistes sont de bonne qualité, très bien balisées, donc nous ne devrions pas avoir de souci pour faire un peu plus de temps en temps si nous le souhaitons. Petite promenade dans Sigmaringen et son imposant château (schlosse: nous devons apprendre un mot d’allemand par jour), interrompu par un orage. Retour sous la tente, emprunt d’un barbecue mis en route par des campeurs, soirée tranquille, Céline écrit son carnet de bord, Fabrice tape ses premiers compte-rendu, les filles dorment.



Sigmaringen - Munderkingen, le 1er juillet 2009
Nous avions prévu une nouvelle étape courte, avant de partir, un couple de cyclotouristes danois nous prête leur topo où nous repérons un camping à Munderkingen, à plus de 60 km. Cette partie du Danube (nous sommes dans le land du Baden-Wuttenberg) est pauvre en hébergement de plein air et cette dernière adresse n’apparaissait pas au cours de notre préparation sur internet. Au final, nous aurons parcouru 66 km dans une partie sauvage du fleuve, quelques falaises, une végétation dense, des papillons virevoltent autour de nous, un serpent noir qui voulait traverser la piste, rebrousse chemin à notre arrivée. A Munderkingen, nous avons du mal à trouver le camping, les passants hésitent avant de nous donner une direction, nous le trouvons enfin, il est à l’abandon, infesté de moustiques. Tandis que Céline achetait du pain dans une boulangerie du centre village, j’avais repéré un petit hôtel dans un bâtiment à colombages où des cyclotouristes s’arrêtaient. Nous y allons et l’affaire est rapidement entendue. Nous profitons d’une grande chambre bleue décorée de… pingouins. C’est la pinguin zimmer!
Amielle dans le sac à dos, Titouane se dégourdit les jambes, en parcourant le centre historique, très mignon avec de nombreuses maisons colorées, à colombages et des statuts originales de cigognes (de vrais cigognes sont nichées sur les cheminées). Une « petite » bière (c’est toujours 50 cl) sur la terrasse d’un café et nous rentrons à l’hôtel où nous cuisinons des spaghetti al pesto sur notre réchaud, tandis que les filles s’endorment.

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