mercredi 27 juillet 2011

Nuit à l'hôpital!
















Trier - Mehring 27 km









Nous laissons nos bagages à l’hôtel et partons visiter la ville de Trier à pieds. Une grande rue piétonne jalonnée de maisons de diverses époques dont celle de Karl Marx, aboutit à des thermes romains. Nous ne manquons aucun monument : Basilique, Cathédrale, Palais, malgré les gouttes de pluie. Nous nous offrons une récompense dans un « Kaffe »: café et gâteaux.
Retour à l’hôtel puis nous revoilà à vélo le long de la Moselle, rive gauche jusqu’à Schweich. Comme nous avons fait une grande promenade le matin, nous prévoyons une courte étape, toutefois le camping de la ville est trop proche de grandes routes à notre goût. Nous continuons rive droite jusqu’à Longuich où nous allons dans un café, nous nous installons à l’abri d’une tonnelle car il se met à pleuvoir sérieusement. Nous mangeons notre pique-nique et commandons des desserts, du café et du vin blanc local.
La météo s’améliore et nous faisons encore quelques km pour atteindre Mehring. Le camping est bien situé, mais l’emplacement et l’accueil pas terribles. Nous hésitons mais décidons de rester…
Tout le monde à la douche! Et là patatras! Titouane glisse dans la douche et se coupe avec la porte: un centimètre à la base du petit doigt. Je regarde, ça ne saigne quasiment pas, Titouane tient son bras en l’air et compresse la plaie avec une serviette, mais ça paraît profond, donc sans hésitation nous décidons d’aller à la pharmacie ou bien voir un docteur. La jeune fille du restaurant téléphone, mais il est 18h passés et tout est fermé. Donc il faut aller à l’hôpital, il y en a un à 15 km. Je pars avec Titouane en taxi. Amielle et Céline restent au camping.
A l’accueil de l’hôpital les dames ne parlent pas anglais, une m’indique une direction et le 2. Je répète plusieurs fois « second floor » en montrant du doigt le plafond au-dessus de ma tête, la dame acquiesce. Nous prenons l’ascenseur mais je me rend vite compte que nous ne sommes pas dans le bon service. Un interne nous aperçoit, il parle anglais, il nous conduit à la porte n°2 où nous attend une docteure qui a été prévenue.
Elle est très gentille, je traduis à Titouane tout ce qu’elle me dit en anglais. Nous demandons à Titouane de fermer le poing, elle ferme tous les doigts sauf l’auriculaire gauche qui est entaillé. Nous insistons. Le petit doigt ne bouge pas. Bon changement de stratégie, Titouane pose sa main pour un « jeu »: elle doit replier le doigt que la docteur lui montre. Ça marche avec tous les doigts sauf avec le petit.
La docteure m’explique que peut-être ne replie-t-elle pas le doigt à cause de la peur et ou la douleur, mais dans le doute il faut qu’elle voit un chirurgien spécialiste de la main. A l’hôpital Elisabeth de Trier il y a le service spécialisé de chirurgie de la main. C’est un hôpital partenaire m’explique-t-elle, alors elle les appelle pour qu’ils préparent notre arrivée et l’éventuelle opération si Titouane n’arrive toujours pas à bouger le petit doigt. Elle appelle aussi un taxi qui nous transfère.
Arrivés dans l’autre hôpital, nous allons au service de chirurgie de la main; un médecin refait les tests et Titouane ne bouge toujours pas son auriculaire gauche. Il téléphone au chirurgien et lui confirme qu’il faut qu’il vienne opérer. L’anesthésiste arrive peu après, l’opération est prévue pour 21 heures. Tout cela est très rapide, j’accepte l’opération car elle me paraît nécessaire au vu du diagnostic, et puis côté subjectif: la réputation de sérieux de l’Allemagne, avoir vu 2 médecins qui ont fait le même diag et qui en appelle à un chirurgien spécialisé, les locaux des hôpitaux presque luxueux avec du personnel disponibles et souriant…
Mais c’est quand même un grand moment d’angoisse! Je continue de tout traduire à Titouane, l’anesthésie sera générale, mais très courte (moins d’une heure). L’anesthésiste pose la perfusion, Titouane dit juste « Aïe! » elle ne pleure pas. Puis le chirurgien arrive, pour lui c’est une opération très banale: « je regarde si le tendon est coupé, si oui, je le rattache puis on recoud, si non, on recoud simplement, ça prendra une demi-heure environ » Il m’invite à le suivre pour me changer complètement afin de pouvoir accompagner Titouane en salle d’opération: pantalon, tunique, sabot et bonnet verts, ça fait sourire Titouane. Nous entrons en salle d’opération, le chirurgien est assis et se secoue les mains, l’anesthésiste me dit qu’elle va dormir maintenant, je fait un bisous à Titouane et elle s’endort, 2 « hommes verts » entrent dans la salle, ils ont de longues et fines jumelles sur leurs têtes. C’est impressionnant, une infirmière me conduit dans un bureau pour attendre « à peu près une demi-heure ». Il est 21h10.
A 21h30, un « homme vert » passe en sifflotant dans le couloir, je pense que c’est bon signe. A 21h45, une infirmière sort de la salle d’opération avec Titouane dans les bras, déjà réveillée. Nous allons en salle de réveil. Elle est dans les choux mais arrive déjà à répondre oui ou non à mes questions. Elle me demande quand est-ce qu’on va la faire dormir pour l’opération?!
Le chirurgien vient me voir : « il n’y a que la peau de couper, le reste n’est pas atteint, tout est ok » et il repart. Le docteur (l’interne?) m’explique qu’il faudra lui changer le pansement les lundi, mercredi et vendredi, puis enlever les points dans 10 jours. Je vais me rhabiller en civil avec l’anesthésiste qui me dit être polonais et s’excuse de ne pas très bien parler anglais. Ensuite je reste avec Titouane une petite heure en salle de réveil, puis on nous accompagne dans notre chambre. Une infirmière « Katherine » se présente, elle me sert la main, je lui demande à boire et à manger. Nous mangeons des tartines de confiture, beurre, vache-qui-rit… Titouane demande son doudou pour dormir et s‘endort rapidement.

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