dimanche 5 janvier 2014

Train couchettes

Phum Riang – Surat Thani
40 km

Ce matin, nous faisons nos sacoches avec un petit pincement au cœur : dernière étape...
Il fait très chaud. La route est un peu monotone et nous avons quitté la côte. Les cultures et la saison a changé : le riz a été semé, et les couleurs sont magnifiques. Au cours de cette étape nous dépassons les 800 kms. L'objectif est atteint : ) 
Nous arrivons vers 16h00 à la gare de Surat Thani, qui se situe en dehors du centre ville. Nous sommes donc largement en avance pour notre train qui part à 23h50 !
Nous avons acheté nos billets à Hua Hin, il y a 3 semaines. Par contre, nous n'avons pas nos billets pour les vélos.
Tranquillement, nous nous dirigeons vers plusieurs guichets afin de comprendre comment acheter ces billets. Arrivés au guichet marchandise, un monsieur nous explique que notre train ne prend pas les vélos. Et tous les autres trains sont complets pour les passagers.
La solution est donc de faire embarquer nos vélos et carriole dans le train de 17h30, et de récupérer notre matériel à la gare de Bangkok à notre arrivée. Cela nous inquiète un peu. Nos vélos voyageraient donc sans nous ?! Et comment les retrouver à Bangkok ?
Nos interlocuteurs ne parlant quasiment pas anglais, nous avons un peu de mal à nous comprendre.

De toute façon, nous n'avons pas d'autres solutions. Heureusement que nous sommes arrivés en avance, sinon nos vélos auraient dû voyager le lendemain, ce qui aurait été encore plus inquiétant, vu que notre vol retour est le surlendemain...Amielle dort dans la carriole, il va falloir la réveiller pour la plier rapidement...

Nous voilà donc en train d'ôter nos sacoches et de protéger la carriole pour le transport, sous les yeux ébahis des touristes de retour des îles. Surat Thani est en effet le port depuis lequel on peut voyager vers les îles très touristiques de Ko Samui, Ko Phgang... La plupart des touristes filent vers ces îles sans prendre le temps de visiter les 1000 kms qui séparent Bangkok de Surat Thani.

Nous concernant, nous avons fait le contraire : nous n'avons pas pris le temps de flâner sur les îles, mais nous avons pris notre temps pour parcourir le Sud en vélo, et nous n'avons rencontré presque aucun touriste occidental !! Je me dis que nous avons fait un excellent choix.

Sur le quai de la gare, j'entends certains dire « it's great », d'autres nous regardent plutôt l'air inquiets : « Mais comment font-ils ?! ». Les Thaïs nous regardent d'un air amusé.

Nous disons au revoir à notre matériel, en espérant le retrouver à Bangkok. Maintenant, nous voilà avec 3 filles, et 6 sacoches sur le quai de la gare, notre train partant dans 6 heures. Nous allons boire un coup dans un café climatisé, très chic, lieu de concentration de ces touristes de retour des îles. Pendant ce temps, je vais demander le prix d'une chambre d'hôtel en face la gare afin de pouvoir prendre une douche et de s'y reposer un peu pendant notre première partie de la nuit.
Le prix de la chambre est le même que le prix de l'addition de notre café ! Certes la chambre n'est pas très propre, pas climatisée, et le lit minuscule, mais c'est parfait pour le peu de temps que l'on va y passer ! Une bonne douche et nous partons à la recherche d'un petit resto du bord de route. Nous tombons par hasard sur un très chouette marché nocturne, et profitons de l'ambiance !
Retour à la chambre, les filles s'endorment 30 minutes avant notre départ...

Réveil difficile, et attente à la gare. Beaucoup de gens dorment sur place. Et la plupart des touristes sont partis avec le train précédent. Ne restent que des « routards », et des thaïs.
Plusieurs femmes sont voilées.

Nous avons réservé un compartiment en 1ère classe, avec deux couchettes. Après notre expérience de la 3ème classe, nous nous disons que nous avons fait un bon choix ! Notre compartiment est très propre, nous étalons la natte au pied de nos couchettes pour Amielle et Fantine, qui s'endorment en 30 secondes, malgré l'étroitesse du lieu, le brimbalement et les vibrations du train. Titouane et Fabrice se partagent la couchette inférieure, tandis que je suis installée confortablement dans la couchette supérieure.
En m'endormant, je me rappelle de ma semaine passée sur l'Océan Indien il y a presque 20 ans déjà, sur un palangrier proche de l'Île de la réunion. Le Capitaine du bateau m'avait laissé la couchette la plus haute, près de sa cabine, censée être la plus confortable. Toutefois, j'avais eu le mal de mer pendant toute la semaine. Là nous sommes sur la terre ferme, tout devrait bien se passer.
Je pense aux filles dormant paisiblement par terre.
Demain nous serons dans la mégapole de Bangkok, nous retrouverons notre chambre en teck et l'école dans laquelle nous avons été accueillis...










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