jeudi 30 avril 2015

Fleurs d'orangers

Jerica – Gilet
47km

Nous profitons d'être dans cette grande ville (1000 habitants), pour enfin acheter des couches et du nutella espagnol aux amandes. Nous dégustons notre petit dej' au soleil, il commence à faire bon, nous nous rendons compte que nous descendons en altitude !
Les filles écrivent un mot dans le livre d'or et font un don à l'association AMA en remerciement.
Nous voilà repartis, toujours en pente douce, le long des cyprès (Amielle, allergique aux cyprès, se bouche le nez), puis des orangers.
Il y a des immenses champs d'agrumes, et ça sent très bon la fleur d'oranger.
Nous faisons halte dans un parc municipal avec une grande aire de jeux et un café afin de déjeuner.
Pendant notre pique-nique, des personnes balaient le sol afin d'enlever les végétaux tombés des arbres.
Nous en venons à discuter de la crise économique avec Titouane et Amielle, et de l'important taux de chômage ici. Ceci rend très triste Titouane. Nous la consolons avec une bonne glace, et buvons un café.

Nous repartons le long de la via verde, quelques tunnels et nous arrivons rapidement à un petit village où nous avions réservé une chambre dans la casa rural « el refugio ». Fabrice va à l'aire de jeux avec les filles, tandis que je me rends au gîte. C'est une jolie maison de village, aux murs blanchis à la chaux, dans une rue bordée de pots de fleurs. Ça a des petits airs d'Andalousie ! La maison est fermée, mais la voisine me dit de prendre l'enveloppe qui est dans la boîte aux lettres.
L'enveloppe est destinée à Pilar, et il y a les clefs dedans.
La voisine m'explique que le propriétaire n'habite pas là. Des clients sont attendus, mais on ne sait pas combien ni quand. Je rentre, il y a trois superbes appartements dans le gîte.
Je rejoins Fabrice à l'aire de jeux. Une dame du village que nous avions croisé tout à l'heure nous offre un énorme sac d'oranges qu'elle a ramassées. Nous allons ensemble au gîte, et essayons d'appeler le proprio depuis notre portable et le téléphone de la voisine, cela ne fonctionne pas. Après moult hésitations, autres appels à d'autres casa rural complètes, nous décidons de continuer notre chemin pour trouver autre chose ailleurs.
Nous nous arrêtons dans un autre village, devant une casa rural fermée, pepita, la propriétaire n'est pas chez elle. Certains disent qu'elle est à l'église, d'autres disent qu'il faut aller voir son fils. Le temps tourne... Il est près de 20 heures. Nous trouvons son fils qui appellent Pepita et tente de négocier le prix avec sa mère, impossible.
Trop cher pour nous, nous décidons de continuer par la route, jusqu'au seul hôtel du coin, ou plutôt motel de routier : La pinada. Nous y arrivons à 20h30. Le cadre est très moche : au bord de l'autoroute, mais il y a une caféteria et une piscine et même un centre de fitness. Tout est un peu décrépi. Sauf la chambre qui est parfaite et très grande !
Quelques tapas et dodo, notre étape fut plus longue que prévue, mais nous ne sommes plus qu'à une poignée de kilomètres de la plage !




mercredi 29 avril 2015

Le réseau des cyclos

Barracas - Jerica
33 km

Après une bonne nuit, nous dégustons notre petit déj' dans l'immense salle à manger du gîte. Je (Céline) pars à la recherche de couches pour Fantine tandis que Fabrice termine les sacoches.
Je trouve facilement du jamon y queso, mais pas de couches, ni dans les 2 épiceries du village, ni à la pharmacie. Le pharmacien me propose des couches 3ème âge à la place. Il m'explique qu'il y a peu de familles ici, et que celles-ci achètent leurs couches au supermarché, à une vingtaine de kms de là, mais pas dans notre direction. Tant pis !
Ces villages sont déserts, mais les rares habitants se concentrent dans les bars aux heures des cafés et de l'apéro, ce qui crée de l'animation toutefois !

Au moment de partir, nous nous rendons compte que la roue de la carriole est crevée ! J'emmène les filles au parque infantil (aire de jeux) tandis que Fabrice change la chambre à air. Dans le moindre petit village espagnol, il y a toujours au moins une, voire plusieurs magnifique aire de jeux. Celles – ci furent financées par le programme européen LEADER, pour le développement rural des régions les plus pauvres d'Europe. Les couches pourraient l'être également !

Nous continuons à longer la via verde, de plus en plus méditerranéenne. Nous sommes très dépaysés car, en 8 années de cyclotourisme, c'est la première fois que nous pédalons dans ce type de paysages. Au bout de quelques dizaine de kms, nous crevons à nouveau, sur la même roue. La chambre à air n'est sans doute pas adaptée.
Nous traversons des champs d'éoliennes et nous approchons au pied d'une d'entre elle, c'est très impressionnant.
Nous quittons la région autonome de l'Aragon pour entrer dans celle de Valence.
Un pique nique dans une de ces superbes aires de jeux balayée par le vent, et nous voilà repartis sur ce faux plat de descente. Les filles sont ravies de pouvoir pédaler toutes seules. La piste, qui jusque là n'était pas du tout empruntée, l'est un peu plus, par des cyclistes à la journée, qui, en nous croisant, nous salue d'un franc et grave « HOLA ! BUENAS ! ».
Nous arrivons à notre petite ville étape, plus grande que les villages précédents. Cette fois ci nous avons réservé un « warm shower », le seul membre du réseau sur ce parcours. Et il s'avère, que complètement par hasard, il s'agit d'un espagnol que nous avions accueilli chez nous à Bordeaux en 2009 ! Manuel Sabate était alors accompagné d'un groupe de 5 autres espagnols, tous membres de l'association AMA. Ils traversaient l'Europe du sud au nord pour se rendre au sommet mondial sur les changements climatiques à Copenhague. Quelle coïncidence !
A l'époque, nous habitions rue de la tour du pin, à Bordeaux, quartier Saint Michel, nous avions mangé un énorme plat de pâtes, et ils avaient tous dormi par terre dans notre salon. Le lendemain, nous avions contacté Sud Ouest qui les avait interviewés pour publier un article sur eux.

En fait, Manuel n'habite pas à Jerica, mais l'association écologiste a un local ici, qu'ils ont transformé en auberge gratuite pour les cyclistes. Un des adhérents de cette association, un agriculteur spécialisé dans la permaculture, nous accueille très gentiment et nous confie les clés après nous avoir expliqué le fonctionnement de l'auberge (lorsqu'il essaye d'allumer le chauffe-eau, une énorme flamme est sorti de ce dernier et a bien failli lui brûler la tête!!)
Tout est bien emménagé : au rez de chaussé un atelier vélo et un petit jardin avec des barbecues, au premier, 3 chambres et au second un dortoir. De la documentation sur les changements climatiques et sur les voyages à vélo, et un livre d'or.
Comme nous n'avons pas pris nos sacs de couchage, notre hôte nous prête une couverture et deux ponchos qui serviront de couverture aux filles.
Nous mangeons des tapas et bocadillos au petit resto du coin.






mardi 28 avril 2015

Tunnels à gogo, montagnes rouges et oliviers

La puebla de Valverde – Barracas
46km

Depuis Pau, Fantine qui a repéré les victuailles emportées, demande chaque jour « quand est-ce qu'on va manger la confiture ? » ; et bien c'est ce matin, pour un petit déjeuner pris dans la salle TV/jeux de l'hôtel. Fabrice a été acheter du pain à l'épicerie du village, très achalandée (mais unique magasin de la citée), ainsi qu'un jus de melocoton y manzana, qui est accompagné d'un colacao de l'hôtel.

Vers midi nous quittons la puebla après avoir acheté quelques fruits et des chaussettes à Fantine. 2Km de montée pour récupérer la via verde, puis 15km de faux plat descendant qu'Amielle va parcourir toute seule, motivée par la performance de sa sœur la veille.

Nous sommes toujours autour de 1000 mètres d'altitude ; la lavande, le thym, le romarin embaument le parcours, pas de doute, nous nous rapprochons de la Méditerranée ! Peut-être est-ce elle que nous distinguons sur la ligne d'horizon ? Nous devons être à une centaine de km de la plage...

Pique-nique classique dans une aire de jeux, les villages traversés semblent désertés, sont-ce des résidences secondaires dont les portes sont closes ? Les habitants sont-ils partis chercher fortune ailleurs ? Parfois, avec le vent, quelques maisons en ruines et la terre rouge ensoleillée, nous avons l'impression d'entrer dans un western !

Quelques kilomètres plus loin, le paysage est remarquable, nous passons sur des viaducs de l'ancienne ligne de chemin de fer, quelques villages aux maisons rapprochées sont installés dans une vallée, la terre est rougeoyante et les champs d'oliviers épousent les reliefs. Parfois les collines ont été entaillées pour laisser passer la voie, parfois ce sont des tunnels qui permettent de continuer le chemin ? Tout à coup, nous devons mettre pied à terre, un rocher entrave la via ! L'érosion a du le faire tomber d'une paroi, la carriole est trop large pour le contourner. Nous la portons à bout de bras pour franchir l'obstacle.

Le scenario se répétera une fois nous ralentissant dans notre progression. Les 10 derniers km sont en faux plat mais de montée, après nous avoir réchauffé toute la journée, le soleil joue avec les nuages, et le vent frais, montagnard, nous fait remettre nos coupe-vents. Autant que la végétation, les éoliennes sur les sommets témoignent de la rudesse du climat.

Nous arrivons à Barracas où nous trouvons un hébergement dans une maison sur 3 niveaux dont le rez de chaussée accueille une épicerie coopérative. Nous louons une chambre et bénéficions du reste de la maison-gîte, nous sommes les seuls clients. Dehors le soleil se couchent et la température chute à 13°. Nous achetons de quoi dîner à l'épicerie, les filles regardent les pokemons et bob l'éponge en espagnol à la télé.

Titouane : c'est impressionnant les grosses montagnes rouges. Sous le tunnel il faisait tellement noir que j'ai failli tomber. On a trouvé un hôtel super luxueux à 40€.
 
Fantine : les moutons sont très jolis.

Amielle : on a vu des montagnes toutes rouges. Sous un tunnel il faisait tout noir. On est arrivé dans un hôtel super luxueux.
 











lundi 27 avril 2015

Etape de (climat de) montagne

Teruel – La Puebla de Valverde
36km

Hier soir nous n'avions qu’aperçu de nuit, les merveilles de Teruel : plusieurs tours de style mudejar ainsi qu'un escalier du même style reliant la ville basse à la haute. Nous prenons connaissance de l'histoire tragique des amants de Teruel avant de reprendre notre chemin. Nous retournons sur la via verde que nous ne quittons que de quelques centaines de mètres pour atteindre un village pour le pique-nique dans une aire de jeux. Malgré de belles éclaircies, le vent est froid et nous n’ôtons pas nos polaires. La via verde de ojos negros est souvent commune avec la ruta del cid, itinéraire pédestre et cyclable de plusieurs centaines de km qui reprend l'itinéraire du Cid lors de la reconquête.

Nous reprenons notre itinéraire dont la 1ère partie est une légère montée mais continue de 21km. Titouane pédale seule les 10 derniers km pour atteindre 1222 mètres d'altitude. L'air est montagnard et nous descendons légèrement jusqu'au village de la puebla de valverde. L'hôtel-restaurant « El Horno » fait notre affaire pour la nuitée et le dîner. Nous prenons 2 menus à 12€ plus une racion de croquetas al jamon qui nous sera offerte, et nous finissons difficilement nos plats à 5, malgré nos gros appétits !








dimanche 26 avril 2015

Jamon de teruel

Saragosse – Teruel
48km

Vers 9h, nous ouvrons les volets, les filles émergent lentement, nous plions bagages et allons déguster notre petit déjeuner dans un bar de la place au pied de la pension. Œufs au plat, frites, chocolat « a la tassa » et churros... nous faisons le plein de calories pour la journée ! A 11h07 nous sommes dans le train qui nous dépose à 13h27 à Santa Eulalia del Campo : début de la via verde d'Ojos Negros.

Mais auparavant, nous allons manger au restaurant. Une assiette de boquerones, des bocadillos de tortilla et chorizo, et des glaces au dessert. Nous quittons Santa Eulalia del Campo par une route de campagne où nous ne croisons que 3 voitures. Puis nous pédalons sur la piste cyclable qui emprunte l'itinéraire d'une ancienne voie ferrée qui reliait une mine de fer à la méditerranée. Titouane s'amuse à faire des zigzags et s'étale sur le sol gravillonnés,  elle a droit à un très beau pansement.

Soudainement, c'est l'orage, nous nous abritons à l'entrée d'un village, un monsieur en voiture avec son fils de 6 ans, nous propose de venir nous abriter dans sa maison de famille. Nous acceptons et, le temps de laisser passer l'orage, Titouane et Amielle jouent au baby foot avec le garçon. C'est la fin d'après-midi et nous voudrions atteindre la ville de Teruel avant la nuit, nous repartons, la pluie a faibli, puis s'arrête. Nous pensons être proche, un panneau indique « Teruel 5km », toujours sur la via verde. Mais après 5km de montée, un panneau indique « Teruel 5km » dans l'autre sens ! Avons-nous loupé un bifurcation ? Nous rebroussons chemin, en contre bas, un rond point que nous rejoignons par une piste empierrée, sans signalétique. Bonne initiative de Céline, au rond point, un panneau « Teruel centre - 2km », cette fois nous sommes sur le bon chemin. Encore une petite côte et nous trouvons facilement notre pension près de la cathédrale.

La baignoire de la salle de bain est profonde, tout le monde s'y baigne avant d'aller dîner au bar « Gregori ». Jamon de Teruel et de multiples tapas nous redonnent des forces !

Titouane :
nous sommes arrivées dans un hôtel super cool !!!!!!!!!!!!!!!!!!
il y avait deux chambre une avec un lit à deux place et une avec deux lits.
Mais surtout une SUPER GRANDE SALLE DE BAIN!!avec un immense bain.

Amielle :
nous avons fait 30 km jusque un hôtel. On a pédalé dans le désert enfin arrivées en ville on a mangé des tapas.






samedi 25 avril 2015

Nos vamos en España

Pau – Saragosse (via Canfranc y Jaca)
49km

A l'aise à 4 à l'arrière de la saxo!
Hier soir Fantine, Amielle et Titouane sont revenues de leur première semaine de vacances à Mostuéjouls. Immédiatement, elles ont préparé leurs affaires pour la 2ème semaine que nous allons passer en Aragon. Nous avions prévu plusieurs itinéraires possibles en Espagne et avons sélectionné la via verde « Ojos Negros » (la voie verte des yeux noires) au regard des prévisions météorologiques.

Pour arriver au départ de l'itinéraire, à Santa Eulalia del Campo, nous devons rejoindre Saragosse aujourd'hui. Notre voiture ne pouvant contenir 5 personnes plus 3 vélos plus 1 carriole et 7 sacoches, Fabrice va pédaler jusqu'à Canfranc où nous prendrons tous un petit train régional qui nous mènera jusqu'à Saragosse..

Comme il s'agit de franchir le col du somport (le tunnel est interdit aux vélos), pour s'avancer, Fabrice prend le train à 9h1/4 à Pau pour Oloron-Sainte-Marie. Puis il s'élance vers la vallée d'Aspe. Pendant ce temps, les filles font la grasse matinée et se mettent en route vers 11h.
Estacion de Jaca
Fabrice arrive à Urdos, dernier village en France avant d'attaquer les derniers km vers le col du Somport il va falloir trouver un spot à pique-nique quand PAF ! une patte du dérailleur cède, plus possible de pédaler sans réparer ! Céline et les enfants arrivent en voiture, tant bien que mal, nous chargeons le vélo et Fabrice en plus dans la voiture déjà bien pleine.

Nous conduisons lentement jusqu'à Jaca, sans croiser de gendarmes. Il est 13h, les boutiques ferment et ne rouvriront qu'à 16h. Nous avons repéré deux réparateurs potentiels en espérant qu'ils disposent de la pièce à changer. En attendant nous pique-niquons sur les pelouses qui bordent la citadelle. Les filles s'amusent à dévaler la pente en se laissant rouler allongées.

A 16h, bonne nouvelle, le vélo est réparé en ¼ d'heure. Nous garons la voiture dans une rue tranquille et rejoignons la gare en pédalant. La gare est petite, le guichetier indique que le train est de la taille d'un autobus ou d'une micheline, mais pas de problème pour nos vélos. Le parcours est très joli notamment dans la partie qui longe le rio Gallego où nous apercevons de grands rochers en forme de tours.

Arrivés sans encombre à la gare de Saragosse-Goya, une piste cyclable en parallèle à une ligne de tramway nous mène à la vieille ville très animée. Installation dans la chambre de la Pension El descanso et nous buvons notre première cerveza. Puis nous déambulons jusqu'à la plaza del pilar, monumentale.