vendredi 19 février 2016

ça tangue!

Vendredi 19 février 2016
Roxas - Odiongan (à 5 kms de)


Levés à l'aube, comme souvent pour les parents tandis que les filles font des grasses mat! Fabrice va au port acheter les billets pour la traversée. Tout semble simple par rapport à ce qu'on nous avait expliqué. Il revient avec du pain de mie pour d'excellentes tartines de beurre de cacaouhète local, du cake aux bananes, des gateaux à la noix de coco et le traditionnel kilo de mangues. Depuis que nous avons découvert l'existence du beurre d'arachides, on ne peut plus s'en passer!

Départ à 9h après la traditionnelle séance photo avec la propriétaire de l'hôtel (une ancienne copine d'école de princess Aylen, qui nous avez donc également vus sur facebook, et qui envoie un message à sa copine : "la famille cycliste française a dormi chez moi!")

Au port, deux bateaux : un petit ferry, et un grand "Bangka". Nous savions que le ferry ne circule qu'un jour par semaine, et que nous n'étions pas la le bon jour, donc nous devons prendre le grand bangka. Il s'agit d'un petit bâteau en bois avec des stabilisateurs sur les côtés, style bâteau de pêche, en un peu plus grand (la capacité inscrite est 80 personnes). Ramon nous l'avait déconseillé, ainsi que ses amis (mais Ramon est très prévoyant avec nous, et toujours inquiet pour nous!). En effet, nous traversons un "channel", c'est à dire que nous allons traverser une zone de fort courant, à la perpendiculaire du courant.

Mais la mer est très calme ce matin et il n'y a pas de vent. Céline demande quand même plusieurs fois aux autres passagers si la mer est vraiment calme. Céline et les filles rentrent dans le bateau à 9h30 (pour un départ prévu à 10h), par une petite passerelle bringuebalante. Il y a une petite salle avec des fenêtres sans carreau, des bancs en bois très rudimentaires et pour l'instant uniquement quelques passagers.

Ça sent le gasoil, et ça bouge un peu alors que nous sommes à l'arrêt. Dès ce moment là, Amielle nous dit "Je ne vais pas pouvoir rester comme ça pendant 3 heures..." De 9h30 à 10h30, les porteurs entassent tout un tas de marchandises, dont 4 motos et plusieurs poules, dans tous les recoins du bâteau : la cale et l'arrière du bateau sont remplis! Plus ça va et plus le bâteau penche vers l'arrière.
Nos vélos sont mis à l'arrière du bateau. Ce qui rassure Céline, pour l'instant, c'est qu'il y a très peu de passagers. Mais à 10h30, au moment de larguer les amarres, tous les autres passagers arrivent, le bateau est complet.

Le bangka est très lent, si bien qu'il met plus de 5h pour faire la traversée au lieu des 3h annoncées! Les filles dorment sur nos genoux la plupart du voyage, mises KO par la légère houle. Amielle vomit après plus de 2 heures de route : "Mmm, ça va beaucoup mieux" dit-elle ensuite. Céline, assise une rangée derrière elle, se crampone pour lui prendre son sachet rempli. Amielle veut le garder au cas où ça continue... Enfin, Céline réussit à attraper le sachet, et le tenant précautieusement, enjambe les marchandises et les passagers afin de le jeter par le hublot sans fenêtre. D'ailleurs, plusieurs personnes vomissent directement en se penchant par le hublot . Chacun a son remède: des pommades de menthol, de camphre, des bombons à la menthe, des mouchoirs ou serviettes sur le visage, des masques de protection...Une mamy à côté de Titouane s'inquiète de voir Titouane livide, elle nous passe de la crème, du genre "baume du tigre" que nous mettons sous nos narines et sur le front. Régulièrement, les passagers à côté des fenêtres se font arrosés copieusement par les vagues.

Céline repense à la préparation du voyage : Quelques traversées en bâteau vont amuser les enfants, ça changera du vélo! Le pire, c'est que nous sommes censés rester 3 jours sur l'île de Tablas, et reprendre le même bâteau en sens inverse au retour. Céline annonce : "Il est hors de question de revenir avec ce même bâteau".

Céline met un gilet de sauvetage sous ses fesses car 5h de banc en bois, ça commence à faire mal!Une petite pensée pour les migrants, pour lesquelles les conditions sont sans doute bien pires! Céline scrute la ligne d'horizon, concentrée pour ne pas vomir. La côte, dans la brume, ne semble jamais se rapprocher. Enfin on arrive, et une surprise nous attend, trois personnes nous accueillent chaleureusement: deux travaillent à l'office du tourisme, la troisième est une "peace corp", c'est à dire une volontaire américaine, de Pensylvvanie, qui habite depuis 2 ans sur l'île. Ils nous remettent des médailles fabriquées avec du marbre local. Ils nous proposent de nous emmener dans leurs bureaux, mais avant tout, grande priorité : se rendre au bureau du port pour s'assurer que nous pourrons prendre le ferry et non le bangkas pour rentrer. Ouf, il y a un ferry mardi, nous sommes soulagés! Puis nous allons dans leurs bureaux où ils nous renseignent sur l'état des routes, les hébergements et les sites remarquables accessibles en vélo.

Nous leur disons que nous avons besoin de pédaler quelques kilomètres pour nous dégourdir les jambes après être restés assis toute la journée et ils nous indiquent un hotel à 5 km, dans la direction que nous souhaitons prendre le lendemain, Sarah, la peace corp, prend son vélo et pédale avec nous jusqu'à l'hôtel. C'est parfait, d'autant plus qu'il s'agit encore d'un endroit inespéré. L'hôtel est à 2 km environ de la route nationale, en pleine forêt, le jardin est très bien entretenu et plusieurs piscines d'eau de source sont bien entretenues par un sympathique maître nageur! Deux toboggans équipent les piscines, les enfants enfilent leur maillot et se baignent jusqu'à la tombée de la nuit. Nous sommes les seuls clients, notre chambre est une sorte de cabane perchée dans les arbres avec une grande terrasse où nous prenons l'apéro et le dîner, bercés par le chant des grillons et des grenouilles. Mais, ça tangue encore!!! Nous nous remémorons la traversée en rigolant tous ensemble.






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