samedi 25 février 2017

Une bonne fée Paiwan










37km

Je (Céline) pars acheter les traditionnels pan cakes à l’omelette et à l’aillet pour notre petit dej tandis que les filles jouent autour du collège. Toutes les écoles et collèges que nous croisons nous semblent immenses ! Ils disposent de très grands espaces extérieurs (pistes de course à pied, terrains de foot et de basket, plusieurs toilettes voire douches, wifi, etc.). Et le plus surprenant est qu’ils nous mettent à disposition tous ces espaces en toute confiance !

Après avoir plié la tente, nous voici sur la route 9. Lorsque nous sortons du village, nous sommes surpris par les embouteillages : des milliers de voitures au pas, heureusement, dans notre sens il y a moins de circulation. Nous comprenons l’intérêt du pont en cours de construction, qui devrait permettre de dédoubler la route et de contourner le village. D’ailleurs, des affiches sur ce chantier étaient collées dans les toilettes du collège. Sans doute que les villageois ont dû défendre ce projet de construction.
Nous nous attendions à une étape difficile le long de la roue 9, car il s’agit d’une route nationale (voir un autoroute), mais nous n’imaginions pas autant de circulation, du fait, certainement du week-end. Les taïwanais n’ont pas beaucoup de vacances, et l’île est petite (la taille des Pays Bas), et très densément peuplée : 26 millions d’habitants ! Donc les week-ends sont chargés ! Nous prenons notre dose de pollution, de poussière et de bruits, qui gâchent un peu la beauté du paysage côtier… Il y a beaucoup de travaux sur la route. Les ouvriers travaillent en haut de grandes falaises pour construire une autre route. Sur plusieurs tronçons, la double voie est réduite à une voie, empruntées par de nombreux bus et camions de chantiers. C’est fatigant !
Toutefois, il n’est pas possible de contourner car c’est la seule route au pied des montagnes.
Nous trouvons un petit village au calme dans lequel nous nous arrêtons manger un plat de nouilles. Nous sympathisons avec un des clients : un jeune taïwanais de Taipei, qui fait le tour de l’île à pied. Il l’a déjà fait une fois en vélo. Cette fois – ci il veut  aller moins vite pour prendre le temps de s’imprégner de la beauté des paysages. Equipé d’un chapeau chinois en bambou, ultra léger et surtout waterproof, et d’un petit sac à dos « de ville », il marche et médite… Extraordinaire, surtout que sur cette portion du parcours, il est contraint de marcher le long de l’autoroute, avec tous ces bouchons et travaux !
Nous nous prenons en photo et il part avant nous. Nous le recroisons sur la route et l’encourageons à coup de sonnettes ! Une belle rencontre.

Nous roulons encore une vingtaine de kms le long de la route 9, traversons la ville de Dawu et de Daren. Il reste encore 9 kms de route nationale avant d’arriver sur les petites routes, mais il est déjà 16h, et il y a un gros dénivelé en perspective (la route quitte la côte pour grimper dans la montagne). Nous décidons de nous arrêter dans un petit village à l’écart de la route, qui nous semble bien tranquille. Il n’y a qu’un seul commerce, dans lequel nous demandons s’il y a un endroit pour camper. La dame offre des bonbons aux filles et nous fait comprendre d’aller camper à côté du centre d’animation, sur la place centrale du village.

Il y a un terrain de basket, une piste d’athlétisme et une salle faisant office de centre d’animation (fermée). D’abord nous demandons à la voisine si on peut planter la tente au milieu de la piste de course à pied (c’est le seul espace de gazon plat). Mais cela ne semble pas possible. Elle nous indique l’espace bétonné dans les gradins. Nous nous faisons comprendre par des gestes, c’est très drôle. On lui explique qu’on ne peut pas planter nos sardines dans le béton ! Finalement, Fabrice va au poste de police pour demander. Il revient avec un policier qui nous confirme qu’on ne peut pas planter la tente dans le beau gazon. Il nous conseille un espace plein de mauvaises herbes qui collent aux chaussettes en face le centre d’animation.  Je lui dis qu’il doit y avoir des serpents la dedans. Il me répond qu’il ne sait pas. En lisant le guide dans la soirée, je comprends que les taïwanais sont très superstitieux. Par conséquent, ils ne rassurent jamais les gens, de peur qu’un accident n’arrive. Ainsi, le policier ne nous a pas dit ce que j’aurai aimé qu’ils nous disent : « ne vous inquiétez pas, il n’y a pas de serpent ici », mais il nous a tout simplement répondu « je ne sais pas s’il y a des serpents »… Pas très rassurant tout ça.

Tant bien que mal, Fabrice commence à planter la base de notre tipi dans les hautes herbes. Titouane nous dit que ce sera plus moelleux ! Au bout de quelques minutes, une dame très souriante arrive avec un joli scooter rose. Elle va illuminer notre soirée !
D’abord elle nous amène la manette du robinet qui permet d’ouvrir l’accès à l’eau. Chouette, on va pouvoir se débarbouiller de toute la poussière accumulée dans la journée ! Ensuite, elle nous apporte 8 bouteilles d’eau minérales. Lorsque nous lui demandons s’il y a un restaurant, elle nous dit que non, mais qu’il faut aller au seven eleven acheter des nouilles déshydratées. Notre conversation se fait en langage des signes, évidemment ! Le seven eleven est à 3 kms, le long de la route 9, en contrebas du village, avec une montée pour revenir à 12 % !!! Je lui fais comprendre que nous sommes fatigués, et elle me donne les clés de son scooter ! Incroyable ! Puis elle nous dit qu’on va avoir froid si on dort dehors, elle nous ouvre le centre d’animation (une grande salle de classe), et nous propose de dormir dedans !
Nous y installons nos tapis de sol, tout contents !
Quelques minutes plus tard, elle nous apporte des draps et couvertures !
Je descends au seven eleven et reviens avec des nouilles déshydratées. Je croise notre bonne fée, et lui demande de l’eau chaude. Elle nous amène un réchaud !
Notre bonne fée est aussi prof de danse, et de tam tam. Plusieurs jeunes se retrouvent sur le terrain de basket pour danser, chanter et jouer de la musique. C’est super !
Nous dégustons nos nouilles comme si c’était un plat de fête ! Les filles jouent à la maîtresse sur le tableau blanc.
Titouane nous dit qu’en pédalant elle s’imagine une histoire, qu’elle continue dans sa tête au fil des jours. « C’est comme si elle écrivait son journal intime dans sa tête » nous dit-elle !
L’animation sur le terrain de basket est terminée. Notre amie vient nous saluer et nous laisse un bâton, si nous sortons, car elle vient de voir un serpent !
Nous faisons un convoi exceptionnel pour nous rendre aux toilettes, à l’extérieur. Papa devant avec le bâton et les 4 filles derrière !



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